Plasticienne

   
   

 

FascinationMa fascination pour le textile indonésien me conduit régulièrement à Java, où je passe de nombreux moments à expérimenter dans les ateliers traditionnels, le procédé du batik.

S'approprier cette technique, explorer toutes les possibilités qu'elle recèle pour la développer et l'utiliser dans mes propres créations, tel est le but.

Le batik est omniprésent dans mes réalisations ; en petites ou en grande quantité, discret ou imposant, il est mélangé à d'autres techniques textiles ou picturales.

Il ne s'agit pas uniquement d'art textile, ni uniquement de peinture mais plutôt d'une association, d'une connivence entre l'acrylique, les fils, le tissage, la broderie, les teintures...

Cette rencontre à mon sens, éloigne le textile de la désuétude et l'emmène vers de nouvelles expressions.

Je m'inspire de la tradition pour mieux m'en détacher :

délivrer le fil en utilisant des techniques libres, oublier la rigueur et garder la subtilité, la délicatesse, la finesse des matières.

Des coutures vagabondent sur la peinture, des fils se croisent, se nouent, se fondent dans la couleur.

Durant ces multiples errances indonésiennes, je me nourris des paysages qui m'entourent au quotidien.

Sur place...paysages observés, touchants, aimés, paysages vifs et paisibles.

Au retour... paysages sublimés, rêvés, imaginés, re-présentés.

Carnet de voyage à grande échelle, traces des impressions évanescentes.

Ne plus ouvrir les albums photos pour que les souvenirs se métamorphosent en sensations.

Ici le vert rappelle celui du riz encore humide, là les fils évoquent la végétation abondante, puis là-bas la composition souligne les digues qui séparent les champs travaillés en strates.

 

Stéphanie-Maï Hanuš, 2006