Plasticienne

   
   

 

Le fil est le point de départ de mes histoires et de mes voyages.

Sur chacune des créations, je raconte un morceau de mes parcours : Inde, Japon et de nombreuses fois l’Indonésie, pour les pays les plus marquants.

Le fil suggère les routes que j’emprunte. Chemins tortueux parfois, évoluant au fil de mes rencontres et de mes envies. Je pars découvrir des artisans qui travaillent avec le textile.

Le fil est le point de départ pour créer des nœuds, des cordes, des filets, des surfaces ajourées ou trouées.

Assemblé à d’autres, le fil fragile devient résistant et solide. Lui qui doucement enlaçait, entrelaçait est alors assez fort pour retenir, attraper, attacher, capturer, voire même étouffer ou étrangler.

Il apparaît comme un danger dont il faut se dégager.

Les mailles ou les déchirures de la toile, donnent une chance de s’échapper.

Le fil est le point de départ d’une ambivalence. Il est fin et cassant mais peut être aussi résistant, il se noue et se dénoue, il enferme et il délivre.

Créer des liens, relier des éléments, vouloir se libérer… N’y a t-il pas là simplement par métaphore, une conception de la vie?

Le fil qui est à la base du nœud et qui lui-même est à la base du filet, s’il est un piège, il est aussi ce qui permet d’entrecroiser, de rejoindre, de relier deux extrémités.

Aller à la rencontre des autres, comme réaliser de nouveaux nœuds, c’est pour moi une façon d’en dénouer certains, plus intimes, plus anciens, plus intérieurs.

 

 

Stéphanie-Maï Hanuš (2008)